AGRICULTURE

L’agriculture fait partie des patrimoines de notre village. L’oublier serait perdre de vue qu’elle fut la première étape de notre société. Nous lui devons cet habitat bâti de pierres des champs. Nous lui devons cette mosaïque qu’est notre paysage.

Aujourd’hui, plus que jamais elle est en charge de notre cadre de vie et même de notre santé. Les  agriculteurs ont été et resteront les aménageurs de notre territoire. Ils en possèdent le plus gros patrimoine économique, immobilier, professionnel mais aussi culturel de par leur art de vivre, leurs relations, leur savoir faire. Ils resteront quoiqu’il advienne l’image de marque de la commune.

 

En parler pour mieux se connaître : c’est aussi tisser un lien entre les « néo ruraux » et les « gens d’ici ». Même si l’esprit de classe est encore présent, cela fait bien longtemps que tout se mêle dans les environs et qu’il n’y a plus de remparts au village.

Notre association, si elle est passionnée de patrimoine, n’en est pas moins tournée vers l’avenir. Nous nous devons aussi de protéger, défendre et valoriser l’agriculture locale. C’est pourquoi, avec plaisir, nous la présentons aujourd’hui.

Les « champs d’en haut »

Dès l’antiquité les paysans d’ici firent preuve d’imagination et d’adaptation. Le nom du village « Alticampus » (les hauts champs) est à lui seul la preuve d’un commerce avec la vallée de la Drôme. Nos terres furent et resteront longtemps le grenier du Crestois.

Le plateau est sableux, plus facile à travailler et surtout très sec en été. Au sud les coteaux sont argileux. « La terre aime son propriétaire » : elle lui colle aux bottes. La culture des céréales et l’élevage furent donc, durant plusieurs siècles, les principales activités. Les légumes, la vigne, servaient plus à une consommation locale. La sériciculture fit sans doute son apparition au XVI° siècle (notre châtelain était proche d’Henri IV qui lui-même avait promu la culture du ver à soie au niveau national).

Un siècle de prospérité

Le changement de régime, après 1789, engendra une vrai révolution aussi dans le monde rural. Les deux grands domaines seigneuriaux d’Autichamp (aujourd’hui les fermes Magnon et Giraud) changèrent de main et la spéculation alla bon train. Cela permit à bon nombre d’accéder à la propriété et de nouvelles familles s’installèrent et bâtirent des fermes. Le XIX° fut, à Autichamp, un siècle de prospérité.

Vers un nouveau statut

Malgré l’arrivée des machines agricoles, à la sortie du premier conflit mondial, l’agriculture locale avait du mal à se développer. La loi Pisani en 1962 donnera un premier coup de fouet avec notamment la création de nouvelles coopératives. L’essor de l’industrie dans les vallées attira beaucoup d’autichampois. L’exode rural allait en s’amplifiant mais c’était sans compter sur l’imagination d’un homme : Robert Béranger qui développa la société « Pic Grain » à Crest. Dès lors dans la région de nombreux poulaillers allaient voir le jour. L’élevage porcin suivra le même chemin.

Les agriculteurs changeaient de statut. Les revenus semblaient réguliers et fiables. On était, en quelque sorte, à la fois entrepreneur et employé. Cela réclama, sans aucun doute, une réelle prise de risques. Tous ne suivirent pas le mouvement, des fermes sortirent du lot et purent se développer et s’étendre en reprenant des terres, ici et sur les communes limitrophes. Ce fut aussi le temps des techniciens ventant les mérites de tel engrais ou de telle semence.

Un sentiment amer

Cette réussite a permis à toute une génération de vivre mais le constat est aujourd’hui amer. L’agriculture au travers du développement du hors-sol a perdu de son indépendance. Elle est devenue tributaire des banquiers, des fournisseurs et des intégrateurs (industriels qui font sous traiter l’élevage ou la production). L’utilisation d’intrants et l’épandage excessif ont conduit à une diminution de la qualité de l’eau. Avec une baisse des demandes due au développement du commerce international et avec la spéculation, le schéma productiviste a été mis à mal mais beaucoup d’agriculteurs semblent garder le sentiment que la qualité de leur travail a été remise en cause.

L’imagination et la volonté face à l’incertitude

Aujourd’hui, la prise de conscience et les exigences de la société engendrent une nouvelle mutation. De nouvelles normes et une multitude de mesures font peser de sévères contraintes sur les entreprises. La logique des aides est accordée aux exploitants sur la base du développement « durable ». Les agriculteurs  sont contraints de jouer sur la qualité de leurs produits, souvent « label » ou « bio ». D’autres choisissent l’authenticité.

Aujourd’hui, dans la Drôme, ce ne sont pas les quelques diamants noirs trouvés au pied des chênes qui suffiront  à faire front. Plus que jamais, les agriculteurs doivent faire preuve d’imagination et de volonté pour survivre. En attendant, ils jonglent avec les prix du marché cultivant le blé, le tournesol, la fèverole (possibles en « bio ») ou encore le colza et le sorgo (bien que le climat ne soit pas toujours des plus propices à ces derniers). Face aux incertitudes, ils oscillent  entre spécialisation et diversité.

Devront-ils se réapproprier ou inventer de nouveaux circuits de distribution ? Face à un marché local « bio » qui commence à être saturé sans doute s’orienteront-ils vers d’autres métropoles (Grenoble, Lyon …). Plus que dans toute autre corporation, ils devront, quoiqu’il en soit, être solidaires.

Le choix des uns et des autres

Marie Claude Barbier :

Sans doute la ferme la plus traditionnelle du village, elle est située tout au nord. En plus de la luzerne et des céréales, avec quelques vaches, Marie Claude et son mari produisent d’excellents fromages blancs qu’il est possible d’acheter sur place ou sur les marchés. Ils possèdent également des gîtes sous la Porte de Barry, sur les versants du massif de Saôu.

 

Bernard et Alexandre Magnon :

Seuls utilisateurs de l’irrigation (qu’ils ont mis en place à leurs frais) Bernard et son fils produisent des semences de maïs et de tournesol, de l’ail, du blé et de la luzerne. Ils possèdent également 300 brebis (en montagne l'été) et des élevages de volailles (poulets de chair et dindons). 

Hervé Eymard :

Hervé  produit du poulet « label » de plein air et des céréales, de la luzerne sur des terres de la commune et des communes limitrophes. Comme ses voisins, en signant les Mesures Agricoles Environnementales Territoriales, il s’est astreint à de lourdes contraintes et à des investissements supplémentaires.


Christophe Richaud :

Toujours au nord de la commune, c’est  l’une des plus importantes entreprise agricole du secteur. Cette EARL créée avec son épouse, emploie un salarié et sous-traite grâce à son matériel, labours, semis et battage. Des poulets sont également élevés dans près de 2000 m2 de bâtiments. 100% des terres de Christophe ont été converties à l’agriculture biologique.


Véronique Richaud :

Auparavant éleveuse de chèvres, Véronique possède encore deux poulaillers et travaille à l'extérieur.

Denis et Luc Lattard :

Ayant repris depuis 1995 l’entreprise familiale, les deux frères se consacrent en grande partie à la vigne. Un viognier, un gamay, un syrah et une roussanne sont produits à partir de raisins « bio ». Vous pouvez les découvrir ICI. Ces vins seront bientôt 100% naturels. Parallèlement des céréales et du tournesol sont produits sur des terres, elles aussi converties à l’agriculture biologique. Dans cette même démarche de « développement durable », une centrale photovoltaïque a été implantée sur deux des bâtiments de la ferme. Nous en parlons ICI

Lionel Rosier :

Lionel a continué à développer l’entreprise familiale en construisant récemment trois  nouveaux poulaillers. Répondant aux dernières normes de construction, mieux intégrées dans le paysage, ils lui permettent d’élever des pintades et des poulets « label ». Il produit également du blé, de l’orge, du tournesol et de la luzerne.

 

Philippe Brasleret :

Initialement mis en place par Maurice et Jacqueline Chauvin, cet élevage de chèvres  été repris, il y a une quinzaine d’années, par Philippe Brasleret. Lui qui n’était pas du métier, s’est lancé, avec courage. Seul, il s’occupe d’une centaine de bêtes qui produisent  du lait vendu à la coopérative de Crest. Avec une production d’orge et de luzerne en rotations, cette ferme est peu dépendante des fournisseurs mais le reste encore trop, vis-à-vis des prix du marché.

 Dominique et Christine Montel :

Située en contrebas du village, c’est depuis quelques mois, la dernière ferme à posséder une porcherie (engraissement). Le couple  a aussi un élevage de chèvres et des terres sur lesquelles tournent céréales et luzerne. Les enfants semblent, eux, avoir choisi d’autres directions.

 

Philippe Giraud :

Située à l’est du village, cette ferme produit surtout des oeufs « bio ». L’on peut également y acheter des pommes de terres « bio ». Philippe produit aussi de l’ail, des céréales, sur des terres, elles aussi converties et de la luzerne. Comme pour les autres agriculteurs, cette dernière, d’une qualité reconnue peut être exportée jusqu’en Allemagne.

Sa compagne, Véronique Gauthier, a choisi l’originalité en produisant, en plein champ, du safran : une culture très prisée qu’elle compte commercialiser auprès des restaurateurs et des laboratoires.

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