RESTAURATION EGLISE St JEAN BAPTISTE

Concert de Haendel en août 2013
Concert de Haendel en août 2013

Jusqu’à présent, la commune avait d’autres priorités : une alimentation en eau potable, une station d’épuration, une salle de classe…Ces dernières années, coté patrimoine, seules des calades ont été réhabilitées. Fin 2011, consciente  qu’il devenait indispensable de prévoir des travaux, la  municipalité, a fait réaliser une étude pour évaluer l’état et les nécessités sur l’ancien clocher de l’église St Sébastien et sur l’église St Jean Baptiste. M Francou, architecte des bâtiments historiques,évalua  le montant des travaux à 184 000 € HT pour le clocher et à 320 000 € HT pour l’église.

La commune ne pouvant engager des chantiers sur les deux monuments,  a décidé de se consacrer uniquement à l’église. Un dossier a donc été constitué et une demande adressée dans le cadre de la Dotation Cantonale. La subvention a été attribuée en 2012 avec, également depuis, d’autres promesses de financement. Le marché de maitrise d’œuvre, début 2013, a permis de choisir M Olivier Naviglio, architecte en chef des monuments historiques DPLG. Son avant projet a été présenté à la commission « travaux » le 25 juillet et voté par le conseil municipal le 5 août.

Parallèlement la Fondation du Patrimoine a apporté son label pour permettre à la commune de compléter son financement des travaux par une souscription. La convention avec cette association a été signée par Mme le Maire, Sylvette Delcourt, et notre co-président, André Bigot, le 22 juillet. (Vous pouvez retrouver le bon ici). Grace à cela, les dons seront ainsi, en partie, déductibles des impôts et l’anonymat pourra, pour ceux qui le désire, être préservé. Cette action a été soutenue par la Société de Sauvegarde des Monuements Anciens de la Drôme.

Cet automne, le marché des travaux en vue du choix des artisans va être lancé. Le chantier devraient débuter en cette fin d’année 2013 et durer un an environ.

LE PROJET

Le projet de restauration générale concerne quatre postes principaux :

                Le chauffage

                L’accessibilité

                L’intérieur

                La façade principale

Le chauffage

Parmi les différents systèmes de chauffage adaptés aux églises, la commune a opté pour celui qui donnera la plus grande efficacité : un chauffage à air pulsé. Ce lieu étant occupé à peine quelques heures et  de façon aléatoire pour des messes ou des manifestations culturelles, ce système offre le meilleur compromis pour chauffer l’intégralité du volume rapidement.

Une discrète et petite chaufferie sera construite coté est. Des conduits au niveau du sol de l’église aspireront l’air froid vers l’entrée et le souffleront une fois réchauffé dans l’une des chapelles. La mise en route se fera à pleine puissance durant une demi-heure et le cycle se poursuivra ensuite au ralenti pendant la durée d’utilisation pour maintenir une température de 18°.

L'accessibilité

Un accès pour les personnes à mobilité réduite est obligatoire et sera créé également à l’est. Une rampe simple aboutira à une porte qui sera ouverte dans la chapelle. Cette construction devra rester dans l’esprit du site, bordée d’herbe pour ne pas porter atteinte au caractère pittoresque du jardin avec son calvaire et ses deux tilleuls.

L'intérieur

L'ancien décor réapparait par endroits
L'ancien décor réapparait par endroits

Les décors sous-jacents, vraisemblablement d’origine, qui apparaissent par endroit semblent beaucoup plus intéressants et chaleureux que les décors bleus datant du début du siècle dernier. Il s’agit d’un jeu de liserés ocre jaune ou rouge avec parfois du faux marbre sur un fond d’enduit couleur coquille d’œuf.

Pour des raisons économiques, et les parois étant parfois trop dégradées, il n’est pas concevable de dégager et restaurer ces décors. L’intégralité du traitement sera repensée. Celui-ci s’inspirera de l’esprit d’origine, à la fois simple et lumineux.

Les sols de la nef seront entièrement refaits. La dalle de ciment, source de remontées d’humidité dans les murs, sera détruite. Le nouveau plancher sera posé sur une base drainante et ventilée. Le revêtement en tomettes hexagonales, toujours dans l’esprit d’une église de campagne, ajoutera un peu de chaleur au lieu.

L’installation électrique sera refaite. Le choix des éclairages fait partie des options.

Le mobilier comprenant les bancs et un autel qui ne soit pas une simple table fait partie des options. Il en va de même pour la remise en état de tous les objets et tableaux de l’église.

Le choix de ces options dépendra des capacités de financements dont font notamment partie les dons issus de la souscription, et des aléas rencontrés durant le chantier.

La façade principale

Esquisse du motif de façade : le résultat sera discret et moins contrasté
Esquisse du motif de façade : le résultat sera discret et moins contrasté

 

 

Les murs extérieurs en partie décroutés ne font pas partie du projet. Seule la façade principale, aujourd’hui encore enduite de ciment sera retravaillée. Des techniques simples et traditionnelles seront employées. Afin de souligner le caractère pittoresque, il a été proposé de traiter cette façade avec un enduit clair lissé portant un décor architecturé gravé et souligné à la mine de plomb. Cette architecture feinte se détacherait sur un enduit plus grossier. Ce décor apporterait une réelle plus-value à l’édifice et serait totalement réversible.

Les pierres de taille dégradées du portail seront remplacées et le perron totalement remis en état. Au niveau de toutes les façades, il est prévu de supprimer le double vitrage peu esthétique au niveau des vitraux. La toiture et la zinguerie seront révisées. Le clocheton sera légèrement retravaillé de façon a améliorer l’étanchéité et l’esthétique.

Où en sommes nous

Résultats des appels d’offres

Les formalités concernant le permis de construire avec, notamment, l'accord du SDIS pour la sécurité, se sont terminéesdébut novembre. L'appel d'offre a pu être lancé. La date limite de dépôt des offres étaitle 9 décembre. Les plis reçus en mairie ont été transmis au maitre d’œuvre, M Naviglio, qui a rendu son avis début janvier. L’analyse des offres, basée sur les valeurs techniques et budgétaire,  a été validée lors de la réunion du conseil municipal du 17 janvier.

Le « macro-lot » comportant la maçonnerie, la toiture, la décoration, les menuiseries et les vitraux a intéressé trois entreprises. Les meilleures notes ont été attribuées à l’entreprise Jacquet dont une succursale est située à Estrablin et dont le siège social est à Bourges  Elle est rattachée au groupe Lefèvre. Spécialisée dans la restauration des monuments anciens,  elle  fera appel à des sous- traitants locaux. Les vitraux seront notamment remis en état par l’atelier Thomas de Valence. Ils avaient été posés par cette même fabrique il y a plusieurs générations de cela. La valeur de ce lot est de 243 377,20 € HT. Trois entreprises avaient soumissionné.

Concernant le lot « électricité »,  l’achat de lustres et d’autres luminaires aurait certainement grevé le budget. Ceci seront donc de fabrication artisanale soit maçonnés, soit en bois. Saluons ici l’implication, l’imagination et le talent du  bureau d’architecture de M Naviglio.  Le lot se limitant au remplacement du tableau électrique et à la réalisation des alimentations de l’église et de la chaufferie, aucune entreprise ne fut intéressée. Le choix s’est fait sur devis. Un artisan de la commune voisine de la Répara-Auriples, M Jolly,  a remporté ce marché. Le montant est de 15 464€ HT.

 

 

 

 

Le lot n°3 concernant le chauffage à air pulsé, pour un montant de 20 928 € HT, a été attribué au spécialiste Central Air de Lyon, seule société à avoir répondu. Cette société a déjà réalisé de telles installations.

 

 

 

Le coût total est donc de 279 769,20 € HT ce qui a permis  aux conseillers municipaux de garder l’option du changement de la porte d’entrée. Le graphisme de cette dernière ajoutera un effet de perspective surprenant qui ne fera qu’ajouter de la valeur au projet du frontispice.

Démarrage des travaux

 

La première réunion de chantier avec M Chaix, architecte,  les représentants des entreprises, le coordinateur SPS (Sécurité Protection de la Santé), Mme Sylvette Delcourt, le Maire et M Bigot, 3° adjoint,  a eu  lieu le 4 mars. Les travaux sont prévus pour une durée de 7 mois à dater de ce jour, ils se termineront  en principe en octobre. Le démarrage effectif est prévu pour le 7 avril. D’ici là, il faudra avoir déménagé complètement le mobilier de l’église, une tâche qui revient à la commune et au bénévolat.

De jours en jours

 

 Début mai, après deux semaines relativement courtes et calmes,  le chantier de restauration  a réellement débuté. Les couvreurs sont  déjà à l’œuvre. Ils repassent la toiture et vérifient la zinguerie. Les maçons quant à eux purgent l’enduit ciment de la façade.

 

 Profitant de la dalle encore en place à l’intérieur, l’électricien a pu travailler en hauteur pour passer ses câbles. A l’extérieur, les premières couches d’enduit sont projetées sur la façade principale afin de renforcer la maçonnerie avant la dépose des pierres du portail.

 

 

 

 

 

 

 

Fin mai, la dalle, qui n'était finalement qu'une chape de ciment sur un vague dallage en pierre, a été démolie et évacuée. L’emplacement du futur carneau d’aspiration de l’air froid a été creusé. La présence de la molasse a nécessité l’emploi d’un BRH (brise roche hydraulique).

 

 

 

 

 

En juin,le mur a été percé pour créer la porte d’accès des PMR (personnes à mobilité réduite) et pour le passage du second carneau de soufflage d’air chaud. La façade principale a été réenduite à la chaux avec une finition frappée au buis. Les nouvelles pierres du portail sont en place mais elles ne sont pas encore layées.

 

 

Début juillet : le carneau d'aspiration d'air froid est coulé, les câbles électriques sont presque tous en place ainsi que les conduits d'aération et de drains sous dalle..

La dalle de la nef va être coulée dans les jours qui viennent. Chaque opération de maçonnerie a été planifiée par l'architecte, afin de ne pas compromettre la solidité de l'édifice.

 

 

 

En août : Le motif de façade est en partie dévoilé. Il s'agit d'un stuc surligné "a fresco" à la mine de plomb. Cet été, relativement maussade, est finalement une chance. Un tel décor aurait été difficilement réalisable en pleine chaleur.

 

 

 

En septembre : quelques retouches ont été apportées au frontispice par Séverine Haberer, la décoratrice. A l'intérieur les enduits ont été purgés et restaurés. Les vitraux ont retrouvé leur superbe grâce à l'atelier Thomas. Coté est, la chaufferie a été construite.

 

 

 

 

Avant une courte période de congés les maçons ont considérablement avancé le gros oeuvre à l'intérier de l'église. Les carneaux de chauffage sont termlinés et la dalle coulée tout comme l'encadrement de la porte d'entrée coté est. Un impressionant échafaudage a été monté pour permettre le travail des voûtes de la nef en septembre.

 

En octobre : les décors en faux marbre des piliers de la nef, relativement en bon état,ont été remis au jour. Ils sont restaurés et reproduits à l'identique sur les voûtes. Un élégant filet gris bleu (et non pas ocre comme prévu) surligne les croisées. Les décors des deux chapelles seront également valorisés. Seuls les motifs sous-jacents du choeur n'ont pas été remis au jour, faute de budget.Ils resteront sous-jacents. La dernière couche de badigeon sera légèrement ocrée et non pas blanche telle qu'on la voit sur l'image.

 

 

 

 

A l'extérieur, sans échafaudage, le projet apparait enfin comme réél. La fresque est superbe, surtout comme ici au coucher du soleil. Le parvis reste à terminer ainsi que le bas du décor. La rampe d'accés PMR sera construite dans les jours qui viennent. La chaufferie est couverte.La réception des travaux reste prévue au 15 décembre.

 

En novembre : c'est l'effervescence sur le chantier. Au cours de la première quinzaine les trois décoratrices ont terminé la décoration des voutes de la nef. Les lustres ont été suspendus. Les pierres du parvis sont en place et le menuisier a posé la porte d'entrée.

 

 

 

 

Fin novembre : alors que les chauffagistes sont en train d'installer la chaudière, les maçons posent les terres cuites.

 

Mi décembre : plus que quelques points de détail (ferronnerie de la porte, lanternes, grilles, traitement des terres cuites etc...). Aucun évènement n'ayant été programmé pour la fin de l'année, afin de laisser un peu de temps supplémentaire aux entreprises la réception a été reportée en janvier.

 

 

Les travaux seront réceptionnés le 2 mars. L’inauguration initialement prévue pour le dimanche des Rameaux, a été reportée à cause des élections. Elle aura lieu le 11 avril.

Janvier - février. Il est nécessaire que le réaménagement de l'église soit en adéquation avec la qualité du chantier. La "conservation départementale du patrimoine" subventionnera à hauteur de 80% la remise en état des statues, du tableau et les sondages en vue de la restauration de l'autel du XVIII° siècle.Un mécène, notre association et la Société de Sauvegarde des Monuments Anciens de la Drome financeront le reste de ces travaux.La commune, quant à elle, devrait payer les nouveaux bancs.

Le père Bravais célèbrera la première messe pour la St Jean, le 21 juin. L'église devrait être complètement réaménagée.


Mars 2015 : Presque un an jour pour jour après la première réunion de chantier, a eu lieu la réception des travaux. Celle ci s'est déroulée sans surprise en présence de tous les intervenants mais aussi de M Rudi Riciotti, l'un des plus grands architectes contemporains (auteur, entre autres, du MuCEM de Marseille). Ami d'Olivier Naviglio, il s'était, en effet, prêté au jeu du portrait, en autorisant son image comme modèle pour le dessin du St Jean-Baptiste de la façade.

Un très bon repas fut offert à tous par M. le Maire.




Fin mars Dans le cadre des journées européennes des métiers d’art, la Conservation Départementale a organisé, en collaboration avec notre association, une rencontre avec Séverine Haberer, la restauratrice des décors de l’église. Ce prélude à l’inauguration a permis à bon nombre de personnes de découvrir le travail  effectué mais aussi le travail en cours en vue de la restauration de l’ancien autel du XVIII° siècle.

 

 

 

 

Début Avril L'inauguration civile a eu lieu le samedi 11 avril (voir la page actualités). La réussite de cette restauration a vraiment fait l’unanimité.









Fin juin Face à une église comble, le père Bravais a célébré la première messe dominicale le 21 juin renouant ainsi exceptionnellement avec la tradition de la St Jean Baptiste.  Un pot de l'amitié fut ensuite partagé sur la place du village.

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